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Le sexe dans la statuaire d’Afrique

mardi 7 mai 2019

C’est un sujet de gêne, si on pose des questions. On n’en parle pas sur sa fonction, sa pratique, le plaisir qu’il apporte (surtout) aux hommes ; mais on y pense tout le temps, il est présent partout, dans les tenues vestimentaires dans la relation à l’argent, au mariage dans la production d’une descendance plus que dans la réalisation d’une relation de parents face à des enfants. L’enfant est plus un objet social qu’un être en relation affective. Parfois on peut sentir qu’un enfant sur le dos de sa mère est un peu comme un sac à main au bras d’une occidentale.
Pour ce qui concerne les organes génitaux dans la sculpture africaine ils sont plus des objets indicateurs de statuts que des organes humains sensuels doués d’une capacité de relation au plaisir et à la sensualité. Un sein est un biberon tenu à température et toujours disponible, sa charge érotique quand il est jeune consiste à montrer qu’il est disponible et bien rond pour nourrir les futurs enfants. La vulve doit être signifiée suffisamment pour indiquer qu’elle peut être pénétrée en vu de fécondation. Le pénis pour les hommes montre qu’ils ont déjà ce pouvoir, celui d’être un homme qui contrôle des femmes et aussi d’autres hommes. On ne représente pas l’homme sans pouvoir comme Millet dans l’Angélus représente des gens simples priant. On représente l’ancêtre qui nous domine ou menace, on représente le chef ou le Roi et celui capable de se reproduire et donc de maintenir son pouvoir. Le pénis en dit souvent plus sur le personnage que le reste des attributs montrés.
Les enfants sont là pour assurer la retraite de leurs parents et grands parents. Un homme qui a beaucoup d’enfants aura une belle retraite car ils sont sensés le prendre en charge. Si il a aussi de nombreux petits enfants sa fin de vie sera assurée par une multitude de petites mains à son service.
La représentation du sexe et des organes génitaux dans la statuaire africaine n’est jamais gratuite, elle parle de la richesse et de la puissance, rarement de l’affecte et de la tendresse. Ce qui est convoité ce n’est pas le plaisir éphémère de quelques instants, c’est l’assurance du pouvoir sur une descendance. Jusque dans les années cinquante et soixante lorsqu’un voyageur de marque se rendait dans un village en brousse, le chef du village réunissait quelques jeunes filles du village pour faire choisir à son hôte celle qui prendrait soin de lui pour son séjour. La jeune élue loin d’être contrainte était fière d’avoir été choisie et acquérait un statut dans son groupe d’âge envié de toutes.